Deux appellations, deux identités : l’écorce et le cœur
Des terroirs voisins, des destins croisés
Le Val de Loire, vaste fresque de paysages entre Angers et Tours, abrite ces deux appellations. Le Rosé d’Anjou, ancré sur le banc sablo-argileux et les schistes doux du Maine-et-Loire, s’enracine essentiellement sur la rive gauche de la Loire : Mauges, Saumurois, pays d’Ancenis. Il bénéficie d’un climat tempéré océanique, adouci par l’influence maritime, propice à la maturité du Grolleau et du Cabernet Franc.
Le Rosé de Loire, lui, n’est pas cantonné à l’Anjou. Il rayonne de l’Anjou à la Touraine, avec 13 départements autorisés (source Vins Val de Loire), couvrant 1600 hectares environ, là où le Rosé d’Anjou se concentre sur environ 950 hectares (chiffres INAO 2023).
Dénomination et histoire
Le Rosé d’Anjou, première grande appellation rosée de Loire (AOC depuis 1936), était autrefois nommé « Rosé d’Anjou Doux » en raison de sa typicité douceâtre, héritage d’une vinification lente, stoppée avant la fin des sucres. Aujourd’hui, il reste dans une expression semi-sèche, à la frontière du demi-sec, avec une dose résiduelle de sucres qui dessine son identité.
À l’inverse, le Rosé de Loire, AOC depuis 1974, revendique la fraîcheur et la légèreté : un vin sec, où le fruit se fait croquant, la bouche fuselée, et la finale aérienne.